Epis et érosion : de l'embarcadère à La Belle Henriette

La tempête de février 2010 a mis en évidence certaines limites de la politique de prévention des risques d'érosion et de submersion marine. Pour comprendre les processus hydro-sédimentaires gérant la dynamique littorale, et en vue de prendre des décisions d'aménagement permettant une gestion durable du trait de côte, une étude avait été confiée, dès 2011, à la société ERAM.

Une zone particulière de 2,5 km, allant du Parc Clémenceau aux Jards, avait été analysée. Des diagnostics d'ouvrages de protection avaient été réalisés. Une étude de 115 pages fut rendue publique en 2013. Des préconisations avaient été proposées. Un calendrier de réalisation des travaux était cours d'élaboration en 2014  avec les services de la DDTM (loi sur l'eau, étude d'impact, incidence Natura 2000...).

                            Un épi déstructuré                                      Un épi remplissant ses fonctions

 

Les propositions envisagées s'appuyaient sur les résultats  de courantologie, sur l'orientation générale des vents et des courants, sur les surcotes et les événements exceptionnels, sur les zones d'agitation particulières....etc. Les données avaient été traitées grâce à des logiciels spécialisés. Les résultats étaient alors confrontés avec les observations sur le terrain, pour valider le sérieux des formules mathématiques utilisées. Les épis ne sont pas considérés comme des solutions, mais comme des ralentisseurs de l'érosion et des transits de sédiments.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il était proposé de :

          - supprimer 2 épis reliques ;

          - restaurer et réorienter cinq épis en enrochement avec une cote d'arase fixée à +1m par rapport au niveau de la plage ;

          - réaliser 2 épis nouveaux avec des blocs de 2 ou 3 tonnes ;

          - réaliser éventuellement 3 digues sous-marines, type géotube, au niveau des ruptures de pentes. Les longueurs et hauteurs des géotubes variaient en fonction des fonds.

Pour arriver à ces propositions, il avait été réalisé :

1) Une étude des fonds

Des relevés topo-bathymétriques avaient été réalisés sur plusieurs centaines d'hectares. Les carottages montraient la présence du platier rocheux à -2m.

Le sable prélevé était considéré en moyenne comme fin, voire moyen, en haut de plage ou en pied de dune. La granulométrie des sédiments était relativement homogène.

2) Une étude des courants

Sur ce secteur, les courants de marée ont la particularité de voir les courants de flot plus importants que ceux du jusant. Les courants de houle, dirigés systématiquement d'ouest en est, sont prépondérants sur les courants de marée.

3) Une étude de l'orientation des vents et de l'agitation

4) Le transit sédimentaire

A cette époque, le transit était estimé entre 60 et 70 000m3/an. Il s'effectuait d'ouest en est sur une largeur estimée à 500m à partir du rivage. Un profil de plage avait été réalisé.

5) Evolution du trait de côte entre 1950 et 2010

Une analyse de l'évolution du trait de côte a pu être réalisée à partir des orthophotos disponibles sur le secteur. Des photos aériennes non normées ont aussi été utilisées (1957-1963-1971-1972-1977). La dynamique sédimentaire de ce type de littoral est fortement liée à la morphologie de la plage et plus particulièrement à la capacité protectrice de la dune de haut de plage. 

On constate que, dans les années 1950, la plage du littoral du secteur de Sainte-Anne était munie d'une dune littorale qui jouait un rôle protecteur. Le durcissement du trait de côte a favorisé le recul localisé autour de ces points durs, principalement les ouvrages de protection des habitations (enrochements ou murs verticaux très exposés et extrêmement réfléchissants).

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